Le Blog Idéal

Comprendre les Modes de Production
(Agricole & Élevage)

90% des produits issus de l’agriculture et de l’élevage proviennent de modes de production intensifs. D’autres modèles alternatifs (ré)apparaissent. Voyons lesquels et ceux à privilégier.

En tant que consommateur et consommatrice, difficile de connaître les techniques employées par les agriculteurs et les éleveurs. Le blog idéal va tenter de les discerner. Aussi, les labels sont-ils tous dignes de confiance ? 

Les Modes de Production Agricoles

L'agriculture conventionnelle (ou intensive)

C’est l’agriculture intensive que l’on connaît avec la volonté de réaliser un maximum de rendements par l’ajout d’intrants chimiques et de synthèses avec le moins d’efforts physiques. 

C’est le mode de production le plus répandu dans le monde et le plus nocif également, pour les sols et pour les individus qui consomment les produits qui en sont issus. 

L’agriculture intensive répond à une demande forte, dans une logique capitaliste de haute consommation. Cependant aujourd’hui, il faut tout de même relativiser l’agriculture conventionnelle puisque les agriculteurs tentent de limiter dans la mesure du possible l’utilisation de ces produits nocifs.

L'agriculture durable

C’est la recherche d’une agriculture verte qui profite à l’environnement et aux hommes. Par conséquent, elle répond à des enjeux sociaux, économiques et environnementaux. 

Elle se différencie du bio par le fait que le bio est un label. 

Ainsi, l’agriculture raisonnée est une forme d’agriculture durable. L’agriculture raisonnée quant à elle cherche la demi-mesure entre respect des sols et de l’environnement, et rendement économique. C’est l’extension durable de l’agriculture conventionnelle, se matérialisant par l’application des pratiques de développement durable déterminées par la communauté internationale lors du sommet de Rio en 1992.  

Elle a pour objectif de limiter les éléments fertilisants aux besoins réels des cultures. 

L'agriculture biologique

L’agriculture biologique exclut les produits chimiques et de synthèse, les OGM et limite les intrants dans la production culturale et l’élevage pour la préservation des sols, de la biodiversité, des humains et des animaux. 

Le bio représente une réelle alternative en matière de consommation à la fois pour l’environnement, notre santé et la biodiversité. Pour ça, elle doit se démocratiser, tout en respectant ses fondements et ne pas tomber dans les pratiques du conventionnel. Et beaucoup d’agriculteurs ont compris l’importance de produire pour le Français des récoltes naturelles. 

Mais la transition vers une exploitation agricole bio a un coût et prend du temps. En effet, une conversion prend trois ans, le temps nécessaire pour obtenir le label et épurer les terres de tout pesticide. Durant cette période, l’exploitant voit ses charges augmenter par 2,5 : prix des semences supérieur, besoin de plus de main-d’oeuvre pour désherber en l’absence de pesticides et chute des rendements. Mais il ne peut les répercuter sur ses prix de vente tant qu’il n’est pas certifié. 

Les dérives du bio

Un argument marketing

Les dérives de la filière montrent peu à peu le bout de leur nez. Christophe Busset, agronome et auteur de “Les imposteurs du bio”, affirme que 15 à 20% des produits bio sont des produits frauduleux. Que se passe-t-il ? Comment ce mode de production interdisant tout pesticide chimique, de synthèse, sans OGM, ou encore sans apports en additifs alimentaires, peut-il partir à la dérive ? 

Premièrement, le bio est avant tout un argument marketing et ne mérite pas toute la confiance qu’on lui accorde. Et pour cause ! Tout d’abord , il y a la question du prix. Un produit bio est toujours plus cher qu’un produit issu de l’agriculture conventionnelle. On peut soulever la question de l’égalité d’accès à des produits plus sains pour la santé et l’environnement. 

Une filière paradoxale

Un des autres paradoxes du bio est qu’ ⅓ des produits qui en sont issus sont importés de l’étranger dont 13,5% de la zone hors UE. Les produits bio ont donc eux aussi un impact écologique certain lié aux transports. 

Des exemples notoires sur les dérives s’illustrent justement par le trafic du bio généré par une forte demande. Dans son enquête, Christophe Brusset révèle que de la viande bio vendue en France est nourrit aux céréales produites de façon industrielle dans les pays de l’Est (Moldavie, Ukraine) importées de Turquie, nouvelle plaque tournante du trafic du bio. D’autres médias avaient relaté de l’exemple des tomates bio italiennes importées de Chine (la mafia italienne engagée dans le bio)

LABEL EUROPÉEN : "EUROFEUILLE"

Ce label européen voit le jour pour des raisons d’harmonisation de règles sur l’agriculture biologique sur le territoire européen. 

Le produit certifié doit être conforme aux réglementations européennes sur le bio* et doit porter le nom du producteur, du transformateur et du distributeur. Il est obligatoire pour tous les produits issus de l’A.B.

LABEL FRANÇAIS : "AB"

Le logo AB, agriculture biologique, peut être utilisé facultativement, en complément du logo européen. Les conditions d’usage de cette marque sont contrôlées par l’Agence bio, groupement d’intérêt public sous tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Utilisée à des fins de certification, elle permet d’identifier des produits 100% bio ou contenant au moins 95% de produits agricoles bio, dans le cas des produits transformés, comme le logo bio européen obligatoire depuis le 1er juillet 2020. 

LABEL FRANÇAIS : "HVE"

La certification HVE, Haute valeur environnementale, est délivrée aux exploitations agricoles par un organisme certificateur agréé par le Ministère de l’agriculture 

La certification HVE comporte trois niveaux graduels : 
– Niveau 1 : Le respect des pratiques essentielles de la réglementation environnementale
– Niveau 2 : L’adoption de pratiques techniques à faible impact environnemental
– Niveau 3 : Le niveau d’excellence du dispositif pour les exploitations présentant un haut niveau de biodiversité et un très faible recours aux intrants.

 

labels

LABEL PRIVÉ : BIO COHÉRENCE

Bio Cohérence est une marque de certification privée en réaction au label AB dont le cahier des charges n’est pas assez exigeant. 

L’agriculteur qui souhaite obtenir cette certification doit premièrement répondre aux exigences européennes puis respecter le propre cahier des charges du label. Le cahier des charges ici  !

POUR ALLER PLUS LOIN

Dans le secteur du vin par exemple, les viticulteurs sont de plus en plus nombreux sur le marché . En 2019, on compte en France 8039 exploitations viticoles bio (c’est 20% de plus qu’en 2018) et 39% des exploitations françaises sont en conversion. 

En 10 ans, le marché du vin bio a quadruplé (Millésime bio, 2021) mais concerne pour le moment 8,5% des exploitations agricoles totales.

Attention, le bio dans la filière viticole a aussi ses controverses !

Lors des fortes intempéries, les viticulteurs bio peuvent avoir recours au sulfate de cuivre, fongicide naturel, pour lutter contre les ravages du mildiou, un champignon qui peut se développer très rapidement et pourrir la récolte d’une année. Mélangé avec de la chaux pour former la fameuse “bouillie bordelaise”, ce fongicide révèle des effets néfastes sur la pollution des sols. 

Biodyvin est un label qui certifie la culture bio-dynamique d’un agriculteur 4 ans minimum après sa conversion. 

“L’impulsion initiale fut donnée par un petit groupe d’une quinzaine de vignerons voulant mettre en commun leur pratique viticole bio-dynamique. En 2002, le syndicat international des vignerons en culture bio-dynamique prend conscience de l’impact réel de cette méthode de production dans le monde viticole et décide de faire appel à un organisme de contrôle extérieur (Ecocert Sas France) afin d’en vérifier les pratiques bio-dynamiques.” (Site officiel Biodyvin). 

Une alternative au bio : l'agriculture bio-dynamique

La biodynamie intègre l’agriculture biologique en y ajoutant en considération les cycles solaires et lunaires dans le mode de production. 

Le rythme de la nature et l’influence des astres a donc une importance toute particulière dans ce mode de production. Au même titre que la lune a une influence sur les marées, elle en a également sur les plantes, composées à 90% d’eau. 

Pratiquer la biodynamie, c’est considérer que les sols sont vivants et qu’ils méritent un rythme particulier. 

Il est difficile pour les agriculteurs d’expliquer scientifiquement pourquoi ce mode de production fonctionne, mais toujours est-il qu’il a fait ses preuves et que de nombreux agriculteurs tentent aussi l’aventure.

L'agriculture urbaine : le pari fou de Sous les Fraises !

Un mode de production en vogue

Se reconnecter à la nature lorsqu’on habite en ville n’est pas une mince affaire ! 

L’agriculture urbaine est aujourd’hui en forte expansion, en raison d’une demande accrue des citadins d’avoir accès à des produits issus de circuits-courts. 

Fort heureusement, des projets urbains se multiplient pour (re)végétaliser les villes et produire localement pour participer à une alimentation durable. Selon la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’agriculture urbaine se caractérise par la culture et l’élevage d’animaux “aux alentours et à l’intérieur des villes”.

Le pari fou de Sous les Fraises

Sous les Fraises, que nous référençons chez L’Idéalist, a développé des fermes urbaines sur les toits de Paris. 

En 2015, elle répond à un appel à projets et transforment les toits en 15 000 mètres carrés de potagers, où pousse aujourd’hui une dizaine de milliers de plantes. Un véritable le lieu de vie en plein Paris où se réunissent architectes, agriculteurs, apiculteurs, botanistes, biologistes, bénévoles et citadins. 

Installation, exploitation et vente de la production, Sous les Fraises est devenue la start-up française pionnière en agriculture urbaine.

mode de production agricole et élevage

Crédit : Sous les Fraises

La permaculture

La permaculture est une pratique ancestrale qui tend à se (re)démocratiser aujourd’hui. 

Théorisée dans les années 70, l’ambition actuelle de la permaculture est de pouvoir nourrir toute la planète de manière durable. L’essor de la permaculture est une réponse à l’agriculture moderne intensive. 

En effet, la monoculture, pratiquée par l’agriculture conventionnelle, a rendu des zones agricoles de moins en moins utilisables. Le premier principe de la permaculture est de s’inspirer de la nature pour développer des systèmes agricoles en synergie. 

L'agro-écologie

L’agro-écologie regroupe les théories et pratiques agricoles inspirées des enseignements de l’écologie. 

Elle participe à l’amélioration de la qualité nutritionnelle, à la sécurité alimentaire, à la récupération des sols détruits par l’agriculture intensive, la création d’emplois et la hausse des revenus. Certains souhaitent une transition agro-écologique puisque ce type d’agriculture permettrait de faire face aux enjeux du XIXème siècle.

L'Agro Foresterie

Elle désigne l’association d’arbres à une culture ou des animaux sur une même parcelle. 

Cette pratique remonte aux débuts de l’agriculture. En matière agricole, l’arbre bénéficie de nombreuses vertus pour la parcelle dans laquelle il agit. Il permet une optimisation des ressources d’un milieu. 

En effet, une parcelle agroforestière de 100 hectares produirait autant de biomasse (source d’énergie d’origine végétale, animale ou bactérienne) qu’une parcelle agricole de 136 hectares. 

Les arbres sont également reconnus pour améliorer la fertilité des sols. Ils dépolluent les milieux et atténuent considérablement les effets du réchauffement climatique. Aujourd’hui, la France dispose de centaines d’exemples réussis de systèmes Agroforestiers.

Les Modes d'Élevage

Un Mode de Production Intensif

L’élevage intensif (industriel ; conventionnel) est le plus répandu dans nos sociétés et extrêmement remis en cause par ces pratiques. L’objectif principal de ce mode d’élevage est la rentabilité, au détriment du bien-être animal et de l’environnement. 

  • Malheureusement, on compte 8 animaux sur 10 détenus dans des élevages intensifs (Chiffres L214, 2021). 
  • 570 000 tonnes de viandes fraîches sont gaspillées chaque année, pour une valeur de 1,5 milliard d’euros. (chiffres TooGoodToGo). 

Pourtant, le bien-être animal est une préoccupation de plus en plus revendiquée par la société. Bien que des efforts soient faits, c’est encore bien trop peu en vue des chiffres alarmants auxquels nous avons accès.

Avant 2015, il n’y avait pas autant de chiffres probants sur les modes d’élevage et sur le nombre d’animaux abattus en France. La transition vers un élevage biologique avance, mais est insuffisante dans les chiffres. 

Ce sont les porcs et les poules pondeuses qui connaissent le plus de conversion en bio. Au contraire, les exploitations de vaches laitières sont moins concernées par une conversion en bio. Au total, 10% des exploitations d’élevage sont bio. Encore trop peu pour une véritable transition écologique! 

Alors, les agriculteurs choisissent de se rediriger vers un élevage extensif, plus économe en intrants. Pour rappel, l’élevage conventionnel a recours à des médicaments (antibiotiques) pour nourrir et traiter les animaux alors que l’élevage bio utilise des nutriments naturels pour le traitement et nourrir les animaux.

Chiffres L214 de l'Élevage Industriel

Mode de production élevage

L'élevage des Poules : des règlementations de plus en plus rigoureuses

La production d’œufs est très précise sur les modes d’élevage des poules avec 4 codes différents.

  • Code 0 : Élevage biologique 
    Les poules sont alimentées avec des produits issus de l’agriculture biologique. Aussi, elles ont accès à l’extérieur. Sur l’étiquette, il y a forcément le label bio européen et aussi le label A.B.
  • Code 1 : Élevage en plein air 0.70€/kg
    Les poules ont accès à l’extérieur pendant les journées. Elles sont certifiées Label Rouge (créé en 1965). L’emballage mentionne “oeufs de poules élevées en plein air”. 
  • Code 2 : Élevage au sol 0.65€/kg
    Elles sont élevées dans un bâtiment au sol. L’emballage porte la mention “oeufs de poules élevées au sol”. 
  • Code 3 : Elevage standard (en cage) 0.57€/kg
    Les poules sont élevées en batterie. Par contre, les réglementations européennes exigent que les poules bénéficient de nids et de perchoirs, et disposent d’assez d’espace individuel pour garantir leur bien-être (750cm2 chacune). 
mode de production agricole et élevage
labels

Label Rouge garantit la qualité d’un produit grâce à des conditions de production et de fabrication précises. Des tests organoleptiques sont réalisés pour démontrer la qualité gustative d’un produit en comparaison à un autre similaire. 

Le label est ouvert à une large gamme de produits, mais concerne principalement les volailles et les œufs. 

Attention, les produits déjà certifiés AOC ou AOP ne peuvent bénéficier de cette certification et aucun critère sur le bien-être animal n’est requis. 

Un produit certifié Label rouge peut être d’une qualité gustative supérieure sans pour autant que sa production ait respecté des modes de production éthiques. 

labels

Viande de France : le label certifie que la viande issue des animaux est née, élevée, abattue, découpée et transformée en France. Cependant, elle ne garantit pas la qualité gustative ou le bien-être animal.

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